1904
Réunion SSF 1-7 août 1904, Lyon
Remerciements: ces sources proviennent des Archives Municipales de Lyon et de la Bibliothèque Municipale de Lyon.
Programme complet
Contributions
- Georges de Pascal, “La propriété”, pp. 12-14
- Charles Antoine S. J., “Le travail", pp. 14-18
- Émile Duport, Joseph Glas, Louis Durand, “Les institutions rurales”, pp. 18-25
- Max Turmann, “Les œuvres complémentaires de l’École”, pp. 25-31
- Ludovic de Contenson, "La ligue sociale d'acheteurs", pp. 32-34
- Marie-Louise Rochebillard, “Les syndicats féminins. Une organisation féministe à Lyon”, pp. 34-35
- Henry-Joseph Cetty, "L'Action ouvrière en Alsace", pp. 36-38
- Étienne Martin de Saint-Léon, “Le devoir social d'aujourd'hui”, pp. 38-39
- Étienne Martin de Saint-Léon, “Associations professionnelles”, pp. 40-48
- Adéodat Boissard, “Les retraites ouvrières”, pp. 49-54
Profils biographiques
(Fumay, 16/12/1847 - Le Dorat, 24/04/1921)
Père Jésuite, Charles Antoine avait reçu une éducation technique, d’ingénieur, à l’"École des mines". Très probablement, il était aussi passé par l’"École polytechnique", que à l’époque était la voie d’accès principale pour l’"École des mines". Il commença à enseigner l’«économie sociale» au scolasticat Jésuite de Jersey, dans le Royaume-Uni. En 1892, ces leçons furent publiées avec le titre de “Eléments de science sociales, leçons professées à Jersey par le P. Ch. Antoine” (Poitiers, Oudin, 1893). Ce volume, remanié, deviendra son œuvre la plus connue: “Cours d’économie sociale” (Paris, Guillaumin, 1896).
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: cours “Property”
- 1905, Orléans: cours “Salary and Work Contracts”
- 1906, Dijon: cours “Three necessary societies: family, profession, city”
- 1907, Amiens: cours “Are there Christian principles in social economics”
- 1908, Marseille: cours “The idea of justice in social economics”
- 1909, Bordeaux: cours “Minimum wage”
- 1910, Rouen: cours “Taxation”
- 1911, Saint-Étienne: cours “Justice in the wage contract: the necessary and the personal component of wages”
- 1912, Limoges: cours “The statements of theology concerning the familial society”
cours “The familial idea, its consequences from the perspective of property”
Sources:
(Aix en Provence 11/12/1870 - Paris 31/01/1938)
Juriste universitaire, politicien, et Catholique social d’une certaine importance, Boissard fut un des fondateurs des “Semaines Sociales de France”. En 1896, il obtient son doctorat en droit, et il commence une carrière universitaire dans les institutions Catholiques. Entre 1896 et 1906 il est à la “Faculté Catholique de Lille” et ensuite, entre 1906 et 1931, à l’"Institut Catholique de Paris". En 1904, avec Marius Gonin et autres, il établit les “Semaines Sociales de France”. Après la guerre de 1914-1918, il fut élu représentant du peuple: il fut député de la Cote d’Or pendant 1919 et 1924, pour la droite républicaine. Auteur d’une œuvre vaste, il la publia davantage avant 1914. Ses travails touchèrent surtout les thèmes sociaux comme les relations industrielles, le retraites, l’assurance professionnelle et sociale, et les grèves. Une partie de ses papiers se trouvent à la BNF (Nouvelles Acquisitions Françaises 27193).
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: cours “Workers’ pensions”
- 1905, Orléans: conférence “Workers’ pensions: latest developments and role of mutual aid”
- 1907, Amiens: cours “The demands of justice in the wage relation”
- 1908, Marseille: cours “The laws of social justice”
- 1909, Bordeaux: cours “The right to strike”
cours “The legalisation of strikes through the public law professional institutions” - 1910, Rouen: cours “Working class pensions and the 6 April 1910 law”
- 1913, Versailles: cours “The bases of the tax obligation”
- 1920, Caen: “The economic renewal of France and the financial problem”
- 1921, Toulouse: “The new project of social insurance”
Sources:
(Colmar, 4/07/1847 - Mulhouse, 17/11/1918)
Né à Colmar d’une famille d’origine italienne, Cetty se plia assez tôt à sa vocation religieuse et fut ordonné prêtre en 1872. Lorsque l’Alsace-Lorraine passait à l’Allemagne, Cetty, qui était bilingue, développa son œuvre apostolique dans l’Empire Allemand. Initialement il fut tuteur privé de la famille Ritter, à Gruebwiller, mais ensuite il fut transféré à Mulhouse, où il s’établit dans la paroisse de Saint Etienne. C’est à partir de cette paroisse qu’il développa une œuvre sociale complexe et articulée, centrée sur la question sociale. Une bonne partie de son travail pastoral consista dans la création d’institutions ouvrières Catholiques, dans un effort de combattre l’influence du socialisme de la SPD. Son cercle ouvrier (le “Cercle de Saint Joseph”) établi en 1891et connu dans l’Empire allemand et la République française, était fourni d’institutions qui adressaient aspects de la vie ouvrière tels que le mutualisme et la récréation, l’éducation et la recherche de travail. Cetty était aussi très actif politiquement. En 1892 in lança le journal “Mülhauser Volksblatt”, que fut banni par les autorités allemandes. Il se mobilisa plusieurs fois pour les élections, locales et nationales, ne réussissant pas à se faire élire au “Reichstag” en 1893, mais remportant quelques succès dans les élections locales. Il fut un démocrate-chrétien, qui plaida pour un parti Catholique de centre. Auteur de plusieurs articles et pamphlets, souvent publiés dans “L’Action populaire”. On peut rappeler “Le Centre et son action sociale au Parlement” (1907), “En Allemagne: associations professionnelles chrétiennes” (1907), et “Le Cercle ouvrier de St-Joseph de Mulhouse et ses institutions économiques” (1908).
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: conférence générale “The Catholic workers’ action in Alsace”
Sources:
(Lyon 28/02/1861 - Ameugny 28/01/1936)
Aristocrate de naissance, le Baron de Contension fut éduqué à Saint-Cyr (1881). Dans l’armée, il fut capitaine et ensuite chef de bataillon territorial. Écrivain prolifique sur plusieurs sujets historiques et géographiques, en 1902 il fut décoré du prix Montyon de l’"Académie Française" pour son ouvrage “Chrétiens et musulmans” (Paris, Plon, 1901). Dans la première décennie du XXème siècle, il étudia les questions sociales et publia, entre autre, les ouvrages “Les Retraites ouvrières” (Paris, de Soye, 1901), “Syndicats, mutualités, retraites” (Paris, Perrin, 1904), et “Les Syndicats professionnels féminins” (Paris, Bloud, 1909). En 1915, il fut décoré de la “Legion d’Honneur”. Pour une période, il fut le directeur de la “Revue d’Histoire Diplomatique”.
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: conférence on “Social league of purchasers”
- 1910, Rouen: cours “Women’s unions”
Sources:
(1840-1917)
Ordonné en 1865, initialement il opère dans le Lyonnais. Docteur en Théologie. Prieur du couvent dominicain à St. Maximin, dans le Var. Il enseigne l’économie politique en plusieurs institutions ("Faculté Libre de Lille", “Collège Libre des Sciences Sociales”, “Institut Catholique de Paris”). Proche de l’Action Française, à partir de 1906 il enseigne dans leur Institut. Il collabore avec Paul Bourget et Édouard Drumont. Auteur de plus de 26 livres et ouvrages, entres lesquels on compte: “La Juiverie”, preface de Édouard Drumont (Paris, Henri Gautier,1887), “Le pouvoir social et l’ordre économique” (Lyon, Librairie Vitte et Pérussel, 1889), “Les Indulgences. Théorie et histoire” (Paris, Bloud, 1907), “Le régime corporatif et l’organisation du travail” (Paris, Bloud, 1908).
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: cours “Property”
- 1905, Orléans: cours “Two conceptions of man: individualist and social”
- 1906, Dijon: cours “The fair share”
Sources:
(Paris 31/10/1860-14/03/1934)
Après sa licence à l’"École libre de sciences politiques", un doctorat en droit à l’Université de Paris (1886) et plus de 10 années de travail comme avocat, il quitte la profession pour rejoindre le “Musée Social” où, en 1897, il est nommé conservateur de la bibliothèque. Pendant la guerre, âgé de 56 ans, il s’offre volontaire et rejoint l’infanterie, obtenant le rang de capitaine. Après la guerre, il est secrétaire de la section juridique du “Musée Social” et, à partir de 1925, conseiller municipal à Versailles. Figure importante des réseaux réformateurs de l’avant-guerre, il fut, en 1913, administrateur de la “Société d’économie sociale”, montrant ainsi sa proximité aux réseaux Leplaysiens. Catholique social, il fut auteur d’une œuvre considérable, centrée sur la question de l’organisation professionnelle et du corporatisme. Entre ses travails, on peut citer “Histoire des corporations de métiers depuis leurs origines jusqu’à leur suppression en 1791” (Paris, Guillaumin, 1897), “Le compagnonnage” (Paris, Colin, 1901), “Syndicalisme ouvrier et syndicalisme agricole” (Paris, Payot, 1920), et “L'Encyclique ‘Rerum novarum’ et l'organisation professionnelle en France” (Milano, Vita e Pensiero, 1931).
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: cours “Professional associations”
conférence “Social duty today” - 1905, Orléans: cours “Professional unions and their economic institutions”
- 1906, Dijon: conférence générale
- 1907, Amiens: cours “Revolutionary syndicalism and the CGT”
- 1908, Marseille: cours “The crisis of apprenticeship and the reform of professional apprenticeships”
- 1910, Rouen: cours “The new tariff regime and its social consequences”
- 1911, Saint-Étienne: cours “Justice in transactions”
- 1912, Limoges: cours “The organization of credit for small retailers and small firms”
- 1913, Versailles: cours “The general strike. Results from a Belgian experience”
- 1914, Besançon (annulé): cours “Commercial property"
- 1919, Metz: “Professional organization and social Catholics”
- 1920, Caen: “The backlashes of war and afterwar on consumption and cost of living”
- 1921, Toulouse: “The current struggle against unemployment in France and abroad”
séance de documentation “The National Association for the Legal Protection of Workers”
Sources:
- Catalogue BNF - Etienne Martin de Saint-Léon
- Academie des sciences morales et politiques - Etienne Martin de Saint-Léon
- École nationale des chartes - Etienne Martin de Saint-Léon
- Christian Topalov (ed.), Laboratoires du nouveau siècle (Paris, EHESS, 1999), pp. 61-94
(Lyon 6/12/1851 - Vaugernay 27/07/1906)
Propriétaire à Saint-Lager, au nord de Lyon, il fut entre les premiers syndicalistes ruraux en France. Proche de Albert de Mun, il établit, entre 1884 et 1887, “l’Union du Sud Est”, un syndicat rural de producteurs et propriétaires locales, dont il fut aussi président entre 1893 et sa mort en 1906. Auteur principalement d’ouvrages techniques sur la viticulture ("Remarques pratiques sur la culture de la vigne en Beaujolais", Lyon, Typographie J. Gallet, 1887), il avait une relation proche avec le député Hyacinthe de Gailhard-Bancel, qui le consultait régulièrement pour avancer à la Chambre des Députés la cause du syndicalisme rural.
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: cours “Rural Institutions”
Sources:
- H. de Gailard-Bancel - Les syndicats agricoles - Émile Duport
- Claudius Delorme - Émile Duport
- Catalogue BNF - Émile Duport
- Christian Ponson, Les catholiques lyonnais et la Chronique Sociale (Presses Universitaires de Lyon, 1979), 45
(Lyon 1859-1916)
Avocat lyonnais, Durand est lié au développement des caisses rurales en France. Proche de l’"Union du Sud Est" et d’Émile Duport, en 1890 il est chargé d’étudié la proposition de loi sur le crédit rural présentée à la Chambre des Deputés par Jules Méline. Par cette étude, il découvre le système de crédit lié à Raffeisen et il dévient un avocat de cette solution, en particulier dans le secteur agricole. En 1891, il publie les résultats de ses recherches dans “Le Crédit agricole en France et à l'étranger” (Paris, Chevalier Marescq, 1891) et en 1893 il établit l’"Union des caisses rurales et ouvrières à responsabilité illimitée" (UCROF). Animateur du mouvement du crédit rural mutualiste, il publia plusieurs textes dédiés à la question. Sa position tendait vers un certain libéralisme, car Durand fut toujours méfiant envers l’idée d’un rôle important pour l’État dans la fourniture du crédit rural.
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: session “Rural Credit” in the course on “Rural Institutions”
Sources:
- Vincent Petit - Louis Durand
- Gilbert Garrier - Louis Durand
- Catalogue BNF - Louis Durand
- Pierre Chamard - Louis Durand
- André Gueslin, “Louis Durand, fondateur du crédit mutuel. Entre libéralisme social et catholicisme integral”, Cent ans de catholicisme social à Lyon et en Rhône-Alpes (Lyon, Éditions ouvrières, 1992), p. 407-434
Proche d’Émile Duport, il s’occupe principalement de syndicalisme et associationisme rural. À partir de 1894, il est directeur de la “Coopérative Agricole du Sud Est”, et à partir de 1906 il devient administrateur de l’"Union du Sud Est". Il écrit plusieurs articles pour le “Bulletin de l’Union du Sud Est et des syndicats agricoles”, l’organe officiel de l’"Union du Sud Est". Il est aussi l’auteur d’un volume sur les assurances rurales, “Simples notes sur les assurances contre les accidents agricoles” (Lyon, Imprimerie du Salut Public, 1896).
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: session “Rural insurance” in the course on “Rural Institutions”
Sources:
(Changy 4/06/1860 - Lyon 30/01/1936)
Issue d’une famille de la petite bourgeoisie, fille d’un notaire, la ruine financière de son foyer la força dans le marché du travail. Catholique, en 1899 elle établit deux syndicats féminins: un, qu’elle présidera, pour les employées du commerce, et l’autre pour les ouvrières de la soie. Ces institutions syndicales produisirent deux ouvrages: “Le Travail de la femme à Lyon, monographie de syndicats de femmes” (Paris, 1901) et “Syndicats d’ouvrières lyonnaises” (Paris, V. Lecoffre, 1904). Même si avec un certain défaut de démocratie interne (la composition du comité de direction réservait un quota aux fondatrices, qui n’étaient pas soumises au suffrage des syndiquées), ces syndicats étaient basés non seulement sur le principe d’une exclusivité des femmes, mais surtout étaient des vrais syndicat d’ouvrières, fermés aux superviseurs et aux patrons. En parallèle avec les services classiques, ces institutions offraient des services de placement et, surtout, prenaient en charge l’éducation de la force de travail, développant un programme de cours offerts aux syndiquées.
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: conférence “Women’s Union”
Sources:
(Bordeaux 23/02/1866 - Vivier 22/07/1943)
Sociologue, réformateur social, juriste. En 1901, il gagne le Prix Juteau-Duvigneaux de l’"Académie Française" (500 Francs) pour son livre “L’Éducation populaire” (Paris, Lecoffre, 1900). En 1903, il obtient un doctorat en sciences politiques et économiques de la Faculté de Droit de l’Université de Paris. À partir de 1905, il a commencé à enseigner au “Collège libre de sciences sociales”. En 1906, il remporte encore un prix de l’"Académie Française". Il s’agit du prix Montyon (500 Francs), obtenu pour son livre “Initiatives Féminines” (Paris, Victor Lecoffre, 1905). En 1906, il commence à enseigner Gestion d’Entreprise à l’Université de Fribourg, en Suisse, un important centre européen du Catholicisme social. En 1909, il est nommé professeur ordinaire dans cette institution, et pendants la Grande Guerre il couvre le rôle de Doyen de la Faculté de Droit. À partir de 1918 et jusqu’à 1936, il est professeur ordinaire d’économie politique au Polytechnique de Zurich, même s’il maintient son poste à l’Université de Fribourg. Dans l’entre-deux-guerres, il écrit à plusieurs reprises sur le syndicalisme chrétien – voir son "Le syndicalisme chrétien en France" (Paris, Valois, 1929) – et il collabore avec la revue de l’OIT, “International Labour Review”.
Interventions dans le cadre des Semaines Sociales de France:
- 1904, Lyon: cours “Post-scholastic education”
- 1905, Orléans: conférence on “Popular education”
- 1906, Dijon: cours “The feminist movement”
- 1907, Amiens: cours “Coalitions of producers. Cartels and trusts”
- 1909, Bordeaux: cours “A social movement in a democratic country: insurance in Switzerland”
- 1912, Limoges: cours “Referenda in Switzerland: the case of the social referendum of the 4th February 1912”
- 1919, Metz: “Contemporary achievements of social Catholicism in industrial organization: factory councils and bonuses”
- 1920, Caen: “The relationship between production and the banking regime of a country”
- 1921, Toulouse: “The exchange rate crisis”
Sources: